Sirènes ondoyant sous des nappes d’eau, jeunes femmes portées par un feu intérieur et célébrant la joie de vivre, danseuses de cabaret entrant sur scène ou savourant, dans l’alcôve de leurs loges, un repos bienvenu : les thématiques souhaitées par nos clients ont éveillé en nous une rêverie qui se poursuit encore, des années plus tard.
Notre mission : concevoir un puits de lumière au-dessus de la piscine intérieure, décorer une cabine de douche et créer une suite de deux vitraux pour la cave à vin.
Durée du chantier
12 mois
Puits de lumière
2 x 4 m
Panneaux assemblés sur place
+ de 20
Pour une cabine de douche
1 panneau décoratif occultant
Installés dans une cave à vin
2 panneaux décoratifs (fenêtres)
Fait de courbes et d’entrelacs voluptueux, ce vitrail rend hommage au style Art nouveau. Il a nécessité un travail de grande ampleur ainsi qu’une capacité à nous adapter, à nous réinventer pour traduire, au plus juste, les souhaits de nos clients.
Lavina Scappaticci a imaginé une composition dédiée au plaisir du bain, mêlant l’abstrait et le figuratif. Toutes les nuances aquatiques y sont représentées, de l’opale le plus clair au bleu nuit abyssal, du turquoise au vert lagon. Nous avons choisi des verres de haute qualité, imitant les mouvements de l’eau : pièces soufflées à la bouche et textures « Waterglass », conférant à la matière un aspect liquide, presque ruisselant.
Au centre, quatre sirènes évoluent dans les flots, confiantes et affirmées. Leur rousseur, très solaire, saisit immédiatement le regard. Nous avons peint les visages à la grisaille. Ce procédé nous a permis de leur donner une beauté diaphane, vaporeuse, inspirée des égéries de Gustav Klimt ou d’Alfons Mucha.
L’ajout de bulles renforce le sentiment de légèreté. Éparpillées autour des sirènes, elles forment des halos scintillants au creux des vagues. Leur brillance est obtenue par l’application d’une peinture à l’or, qui vient se fixer au verre après cuisson.
Toute notre équipe s’est attelée à la fabrication, dont Amélie Grasser, que nous souhaitons remercier pour son implication et ses belles photographies.
Le vitrail se compose d’une vingtaine de panneaux, réalisés à l’atelier. Nous avons mélangé deux techniques de sertissage : utilisation du plomb (traditionnel) pour les grandes vagues et contours du réseau ; recours au Tiffany (cuivre) pour les détails : extrémités ourlées ou dentelées.
Afin de reproduire la maquette à l’identique, il était impératif de réaliser un vitrail d’un seul tenant. Nous l’avons donc reconstitué sur place, pièce par pièce. Une tâche aussi complexe que minutieuse : il nous a fallu travailler en hauteur, sur le toit de la villa. Le vitrail reposant sur une dalle de verre, sans serrurerie métallique, nous avons procédé à la manière d’un puzzle : élaboration des chemins de plomb, soudage puis pose du mastic au fur et à mesure de notre progression. Ce chantier ambitieux nous a permis de nous dépasser, aussi bien artistiquement que techniquement.
Grâce au soleil traversant, vitrail et piscine entrent désormais en résonance. Le verre projette, avec douceur, ses reflets alentour, donnant naissance à une féérie visuelle, haute en couleurs.
Pour leur cabine de douche, nos clients ont voulu mettre à l’honneur un autre phénomène naturel : le feu. Leur idée d’associer l’eau et le feu, deux éléments a priori opposés mais parfaitement complémentaires, nous a semblé intéressante et très évocatrice.
Pour cette création, nous nous sommes donc attachés à sublimer un principe qui les rassemble, du point de vue de l’imaginaire universel : la vitalité première. Nous nous sommes concentrés sur la joie, simple et pure, qu’elle suscite. Conçu comme une allégorie, le vitrail représente trois jeunes femmes entourées de flammes. Ce trio évoque des figures mythologiques – nymphes graciles et libres, dont la beauté n’est pas faite pour être possédée mais au contraire célébrée en tant que telle : une source d’inspiration, d’énergie, d’espoir.
Les jeunes femmes prennent leur envol, font corps avec le brasier sans pour autant se consumer. Leurs silhouettes se confondent avec celles des flammes, donnant ainsi à la composition une portée symbolique : elles incarnent précisément ce feu qui naît ou couve en chacun de nous, cet élan qu’il nous appartient de préserver, quel que soit le stade de notre vie.
Afin de respecter une cohérence esthétique avec le puits de lumière, nous avons conservé la notion de fluidité, employé les mêmes techniques et associé des verres nobles, texturés. Seule la palette de couleurs diffère : avec ses accords subtils de bruns, rouge rubis, orangés et dorés, elle restitue toutes les nuances visuelles de l’incandescence.
Le feu est envisagé dans sa dimension créatrice et non pas destructrice. Il était ainsi primordial que la découpe du verre suive des arrondis délicats, que les flammes s’enroulent autour des jeunes femmes en suivant un mouvement d’élévation. Ces dernières se blottissent au cœur de l’incendie, comme imprégnées, voire nourries, de sa puissance et de son expansion.
Plus qu’un panneau ornemental, ce vitrail offre plusieurs niveaux de lecture. Il représente l’alliance des contraires, dans ce qu’elle a de plus nécessaire et harmonieux. La dualité préside ici à l’équilibre et donne lieu à une osmose éclatante. Celle de l’eau et du feu, du féminin et du masculin, de la contemplation et de l’action et, enfin, de l’opacité et de la transparence.
Autre lieu, autre atmosphère pour ces deux vitraux figuratifs installés en sous-sol, dans une cave à vin. Nos clients nous avaient demandé d’imaginer des œuvres en lien avec l’univers du cabaret.
Nous nous sommes inspirés de Toulouse-Lautrec, dont les tableaux illustrent si fidèlement l’ambiance feutrée, légèrement décadente, de la bohème parisienne.
Nous voulions que les vitraux offrent une immersion dans le Montmartre de la fin du XIXème siècle, un monde fascinant, interlope, où se mêle l’esprit d’avant-garde et l’effervescence de la fête. Dans la splendeur nocturne, l’infini des possibles n’est jamais très loin de la déchéance. Des personnages bigarrés, aux allures romanesques, vont et viennent tandis que, de toutes parts, le spectacle bat son plein : danseuses de French cancan, chanteuses, demi-mondaines, peintres et poètes célèbres, artistes désargentés ou hommes de la haute société – tous venus s’encanailler, le temps d’une soirée, dans les dédales de ce faubourg mythique.
À travers ces compositions, nous avons souhaité montrer les deux facettes de la scène montmartroise : le cabaret, avec ses jeux de lumières et ses performances flamboyantes, tout comme l’envers du décor, celui du repos dans les coulisses. Chaque vitrail possède ainsi sa propre couleur émotionnelle.
Le premier panneau nous emmène au cœur du spectacle : danseuses prises sur le vif, sous le feu des projecteurs. Les tons sont vivaces, avec une abondance de jaunes tirant sur le cuivre et le mordoré. La deuxième saynète, plus introspective, dépeint des instants de pause entre les représentations. On peut y voir une jeune femme contempler le ciel depuis une mansarde, en déshabillé. A ses côtés, deux chanteuses, perdues dans leurs pensées, se délassent en dégustant un verre de vin. Les déclinaisons de roses, de parmes et de bleus créent une atmosphère intimiste, proche de la rêverie.
Nous avons déployé de nombreuses techniques afin de surprendre le regard.
L’alternance de différents types de verre, allant de l’imprimé incolore au semi-opalescent chamarré, permet tout d’abord d’introduire des effets de contraste et de relief. Chaque pièce a été choisie pour servir la narration visuelle, qu’il s’agisse de représenter l’arrière-plan, avec ses multiples niveaux de transparence ou d’exprimer la sensualité des jeunes femmes.
La peinture sur verre, qui mêle grisaille et émail, confère aux compositions une puissance évocatrice : expressivité des regards, délicatesse des tissus, douceur de la peau. Certaines zones ont été estompées au blaireau. Plus qu’un effet de style, ce procédé permet de travailler l’intensité lumineuse. Grâce aux ombres portées, l’éclairage semble tantôt éblouissant, tantôt tamisé, laissant la part belle aux moindres détails.
Situées entre le fantasme et la réalité historique, ces deux scènes convoquent un univers disparu – celui d’un Montmartre libre, exalté. Dans cette cave à vin, les vitraux deviennent les témoins d’une époque réjouissante, où l’art et la fête se conjuguaient sans aucune restriction.
Email
Téléphone
Adresse postale