En ville, la densité urbaine engendre souvent des situations de vis-à-vis immédiats. C’est le cas pour nos clients, dont la cuisine s’ouvre directement sur les fenêtres voisines. Plutôt que d’installer des voilages, ils ont choisi d’investir dans la conception d’une vitrerie masquante. L’avantage : profiter pleinement de la lumière du jour tout en préservant leur intimité.
Durée du chantier
1 mois
Leur choix se portait sur une composition minimaliste, en symbiose avec leur intérieur. Nous avons eu l’idée de reprendre les motifs du carrelage – un joli damier noir et blanc, parcouru de motifs stylisés. Fleurs, feuillages, soleils, poissons, rosaces et entrelacs forment un ensemble harmonieux, aux influences multiples. Situé à mi-chemin entre l’abstraction et la figuration, l’ancien et le moderne, les azulejos mauresques et les enluminures chrétiennes, ce revêtement constituait un point de départ idéal.
La composition, très épurée, repose sur une juxtaposition de rectangles verticaux et de petits losanges noirs. Sa partie centrale est naturellement occultante : nous avons choisi un beau verre imprimé, qui floute le champ visuel sans toutefois l’enfermer.
En guise d’ornementation, nous avons peint sept signes à la grisaille. Cette technique traditionnelle permet d’obtenir un noir mat et dense, parfaitement homogène. Nous avons pris soin de disposer les motifs en bordure, pour un rendu subtil, aéré.
À cinq reprises, des éléments sortent de leur cadre. Une manière de s’amuser avec les codes visuels, d’introduire de petites anomalies dans cet environnement maîtrisé, en jouant sur les phénomènes de débordement et l’inversion des polarités.
Le travail sur l’espace négatif est au cœur du projet : ici, le dessin ne cherche pas à remplir, mais à laisser place.
Avec ce vitrail, nous avons souhaité réconcilier transparence et intimité, intérieur et extérieur, présence et effacement, sans surcharge visuelle ni artifice.
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